De la restauration collective à l’insertion professionnelle

Nelly M.

Nelly, si vous nous disiez d’où vous veniez ? « Je venais de la restauration collective hospitalière, chez Sodexo. Ça faisait 5 ou 7 ans que j’y travaillais. »

Quelles étaient vos missions dans votre précédent poste ? « J’étais en restauration collective hospitalière. Il s’agissait donc de préparer les repas pour les personnes hospitalisées. Plus précisément, il s’agissait de vérifier et de respecter les régimes alimentaires des malades, par exemple ceux diabétiques ou devant suivre un régime sans sel. En fait, mon rôle était de gérer leurs repas. »

Aujourd’hui, en quoi consiste votre nouveau métier ? « Je suis aujourd’hui Conseillère en Insertion Professionnelle, dans un centre social. Mon rôle est d’aider les personnes à reprendre confiance en elles, je les guide pour rédiger leur CV et leur lettre de motivation. Nous étudions ensemble les emplois qui pourraient leurs correspondre. Mon métier peut ressembler à du coaching, puisqu’il y a des personnes qui ont besoin d’entendre des « bonnes paroles », d’être remotivées. Vous savez, quand il y a des personnes qui sont depuis longtemps au chômage et qu’elles n’arrivent pas à trouver du travail, elles perdent souvent en motivation. Mon rôle est de les remettre dans la dynamique de l’emploi, sachant que mes missions se sont accentuées, avec la crise sanitaire actuelle.

Ma journée type est basée sur les rendez-vous avec les bénéficiaires, qui durent en général 1h. Je rencontre des personnes qui viennent :

Pour de la recherche d’emploi : remise à jour du CV, de la lettre de motivation, recherche des offres d’emploi et préparation aux entretiens.

Pour de l’écoute et de l’accompagnement.

Je suis prestataire au sein d’un centre social en tant que Conseillère Emploi, mais mon employeur est le CIDFF78. En complément, je suis amenée à travailler avec des juristes pour faire valoir les droits du travail aux femmes qui en auraient besoin et qui auraient subis un préjudice. »

Avant votre reconversion, aviez-vous l’idée de vous diriger dans cette voie ? « Alors, oui et non. Oui, parce que j’ai toujours voulu aider les gens parce que j’ai une écoute, comment dire… qui me permet de conseiller les personnes. Ils me racontent un peu leurs soucis et puis avec mes conseils, ça va beaucoup mieux, donc j’ai toujours eu cette aptitude-là.

Non, parce que je n’avais pas pensé à l’insertion professionnelle, c’est uniquement à la suite du bilan de compétences que j’ai su que je voulais aller dans cette voie. C’est en faisant les enquêtes métier, en réfléchissant et en regardant sur internet, que je me suis dit : « En fait, ça me correspond, ça me colle à la peau. ». Je me suis quand même beaucoup renseignée sur les métiers liés à l’insertion. Ce qui me convenait le plus est l’insertion professionnelle. C’est pour ça que je vous dis, oui et non. »

Comment avez-vous eu le déclic pour vouloir franchir le pas ? « Parce que je ne me plaisais plus du tout dans mon travail et je ne me reconnaissais pas du tout ! J’avais l’impression d’être un « robot » : j’arrivais le matin, je savais ce que j’avais à faire, je ne réfléchissais plus. Tout était mécanique. Et puis : je me suis dit que je ne voulais pas faire ma carrière dans ce métier. Je n’avais pas envie de me réveiller un matin et de me dire que j’étais passée à côté de quelque chose. J’avais envie de faire une activité pour moi, parce que tous les métiers que j’ai occupés ?

Jusqu’à présent, c’était d’une certaine manière, pour les autres et non par choix. C’est pourquoi, un jour, je me suis dit que je voulais vivre pour moi. J’ai donc fait en sorte de trouver un métier qui me corresponde. »

De l’intention à la réalisation, combien de temps à duré le cheminement ? « Je m’étais renseignée sur plusieurs centres de bilan de compétences, car initialement, je ne savais pas du tout ce que je souhaitais faire. J’avais juste la certitude que mon travail ne me plaisait plus.

J’ai « matché » tout de suite avec la Consultante de CBP Social Consult. Agnès m’a contactée et puis je ne sais pas, ça s’est tout de suite bien passé et je me suis dit « banco », on y va. Le Bilan de compétences m’a permis de trouver la formation qui correspondait à mon projet. Celle que j’ai choisie a duré 5 mois. Il m’a bien fallu peut-être 6 mois, 1 an pour passer de l’idée à l’action. »

Avez-vous tout de suite trouvé un poste après votre reconversion ? « Après ma reconversion en 2017, j’ai fait une formation et j’ai obtenu mon diplôme. J’ai ensuite réintégré mon emploi, parce que j’étais encore en CDI et je m’étais dit que je ne pouvais pas partir ainsi, aussi rapidement. Mais il fallait quand même que je parte, même pour un CDD, c’était le but de ma reconversion : faire un autre métier. Cela a mis un petit peu de temps pour trouver un emploi. J’ai d’abord trouvé un travail pour une durée de 6 mois (non renouvelés) et je me suis retrouvée au chômage au moment du premier confinement. J’ai finalement retrouvé un poste en CDI, au sein du centre social actuel, fin Juin 2020. »

Quel rôle ont joué vos proches dans ce changement de vie professionnelle ? « Honnêtement, si je les avais écoutés, je serais restée dans mon ancien travail, malgré le fait qu’il ne me plaisait plus du tout. Vous avez toujours des personnes qui pensent mieux vous connaitre que vous-même. Heureusement, je ne les ai pas écoutés, mais je n’ai pas eu beaucoup de soutien. C’était : « Tu ne devrais pas faire ça parce que ça ne te correspond pas. » ou alors « Mais tu verras, c’est difficile, pourquoi tu fais ça ? ». Je me suis quand même un peu débrouillée toute seule et j’ai tenu tête, confiante dans mon objectif de base. Aujourd’hui, je ne suis pas encore reconnue par mes proches, parce qu’ils ont encore un peu de mal à accepter mon changement. Ça va mieux qu’au début, c’est le temps que ma reconversion fasse ses preuves ! »

Quels sont les aspects qui ont été les plus durs à gérer et que vous aimeriez partager avec nous ? « Je n’ai pas trouvé de difficulté particulière pour être honnête, parce que je savais ce que je voulais faire et dans quoi je m’engageais. Que ce soit dans le bilan de compétences, la formation, ou après. J’ai juste relevé les manches, pris mon courage à deux mains et j’y suis allée. Le résultat a payé, puisque finalement, j’ai trouvé un métier qui me correspond parfaitement et je le dois qu’à moi. »

Diriez-vous que vous êtes désormais épanouie avec cette nouvelle aventure qui débute ? « Oui, tout à fait. Quand je me lève le matin, je n’ai plus cette petite voix  : « Oh je vais encore retrouver les mêmes collègues, je vais encore faire ci où ça. » Pas du tout en fait. Je connais le programme qui m’attend, mais je suis même contente d’y aller. C’est peut-être bête, mais ma responsable m’a proposée de faire du télétravail et j’ai refusé, parce que je préfère aller sur mon lieu de travail. Voir les personnes en face à face, c’est quand même plus sympa que par téléphone. Mon travail, c’est la même chose tous les jours, mais chaque personne est différente, donc j’ai l’impression d’avoir un nouveau travail tous les jours. »

Quelle est la prochaine étape ? « Je vais prochainement travailler sur une mise en place d’ateliers. Pour l’instant, rien n’est fait mais j’ai le projet en tête. Mon idée est de faire des ateliers de préparation aux entretiens en petits groupes, sous forme de jeux de rôles. Rechercher une offre et simuler les entretiens entre les participants. Par la suite, l’atelier pourra se décliner vers la communication verbale et non verbale, la tenue vestimentaire à adopter ou encore les codes en entreprise. »

Que conseilleriez-vous aux personnes qui hésitent encore à faire une reconversion ? « Tout d’abord, de faire un bilan de compétences, pour savoir vers quoi s’orienter. Ensuite, c’est de se faire confiance ! Si la personne a le sentiment qu’il faut qu’elle fasse autre chose, il faut qu’elle s’écoute. Même si la personne se dit qu’elle ne fera pas sa reconversion tout de suite, parce qu’elle a peur ou peu importe le prétexte, automatiquement, ça va revenir. Ça va être une idée récurrente, elle aura le sentiment qu’il faut qu’elle parte, qu’elle n’est pas bien là où elle est. Il faut surtout qu’elle s’écoute et qu’elle fonce ! »

Et si c’était à refaire ? « Je prendrais peut-être un autre centre de formation, qui dispense la formation en 9 mois. Elle aurait été plus complète et plus approfondie. Cependant, j’ai créé de belles amitiés dans le centre de formations où j’étais, donc je ne suis même pas sûre que j’aurais choisi un autre établissement. A part ça, je referais exactement la même chose, je ne regrette absolument rien ! »

Merci beaucoup Nelly ! « C’est moi qui vous remercie. » 

Interview et mise en page :
Nadège THENADEY
Community Manager

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